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martes, 26 de junio de 2018

Le monde de Tran: comentario sobre la versión francesa de "La pieza del fondo"




La pièce du fond de Eugenia Almeida



Chronique d’Abigail
Publié le 24 avril 2018 par lemondedetran

Voilà un roman qui débute à la façon d’une pièce de théâtre. Le décor est posé, la grande place immobile sous le soleil, les pigeons et, accolé à cet espace commun, un bar. Celui-ci représente la scène où déambule une jeune serveuse, énergique, force de vie dans ce texte, animée du désir de percer les apparences, mue par l’envie de comprendre. Enfin, pour achever de fixer les éléments du décor, le commissariat, voisin de ce même bar, dispose de sa vue imprenable sur l’ensemble de la place. D’emblée, il pose un indice de surveillance et de contrôle.

Cette place, le lecteur se l’imagine aisément, coeur battant d’une petite ville de province en Argentine.

L’autre aspect théâtral réside dans la mécanique en apparence impeccablement rôdée des habitudes, des gestes, des heures qui passent remplies par l’arbitraire des décisions du gérant de l’établissement où travaille le personnage de Sofia. Ce dernier décide de rallonger à l’envie les journées de sa serveuse. Cela ne peut se discuter. Car chaque personnage, selon une volonté verticale et invisible, se voit attribuer sa place, son rôle.

Par ailleurs, chacun se conforme à ces rituels tacites, à ces coutumes régies par la brutalité, la dureté des rapports qui paraît couler de source. Ainsi, Freias, policier doté d’humanité, enclin à manifester celle-ci incarne-t-il « une fiotte », une anomalie dans le système de l’autorité policière incarnée par son collègue, Palacio, paré de manières brutales, avide de cogner, gonflé de colère pour qui toute tendresse équivaut à une faille dans un rouage parfait.

Ainsi en va-t-il de l’accueil au sein de l’hôpital psychiatrique de Santa Lucia, établissement sous la bonne garde de deux femmes cerbères, incarnation de l’obéissance à la règle administrative, inflexibles jusqu’à l’absurde, tatillonnes jusqu’à la bêtise. L’hôpital ne saurait s’ouvrir à aucune curiosité… Ainsi, depuis des décennies, le vieux psychiatre Resquon y débite ses théories, immuables, les anecdotes anciennes, règne sans discussion sur le fonctionnement de l’hôpital.

Hors champ se devine l’allusion au souvenir par si vieux de la force de l’arbitraire, celle du régime dictatorial qui corseta l’Argentine. De cela découle cet esprit des personnages gardiens d’institutions publiques, formatés, encore aliénés par l’obéissance. Il est d’ailleurs souvent fait mention de la violence ordinaire appliquée par certains policiers aux méthodes sorties de l’ère de la dictature, dépeints comme obtus, corrompus.

Or, un beau jour, voilà qu’entre en scène l’élément perturbateur. Un homme âgé, qui ne prononce aucun mot, assis sur son banc au beau milieu de la place. Est-il un clochard? Nul ne sait. Mais cet être à la marge, muet, qui peut-être juge et se tait, va enclencher la mécanique de l’intrigue. Bien malgré lui.

Chaque jour, il s’assied, figé. Attentif, il écoute ceux qui se posent prés de lui, le prennent en commisération. Sofia le nourrit. Frias le croit un ami bienveillant au regard doux et chargé d’une compréhension muette. Tous les deux se l’approprient, décrètent de facto que ce personnage doit être protégé, pris en charge. Qui est-il? S’il ne dit rien, c’est peut-être qu’il refuse? Qu’il résiste. C’est un symbole de l’oppression qui demeure. Or, cet homme ne peut décliner son identité à ceux qui la lui demandent. Alors le voilà marionnette, pâte molle qui reçoit les désirs de chacun; un ami, un malheureux. Un Fou qui ne se trouve pas à sa place, par conséquent un aliéné ou un perturbateur…

Un autre personnage vient bouleverser l’ordre en place. Une psychiatre, Elena, nouvellement nommée. Mais que peut bien désigner ce titre énigmatique La pièce du fond? Est-ce le bureau retiré de la psychiatre, la pièce dévolue aux archives oubliées dans la maison abandonnée qu’elle loue, résidu des souvenirs de ses précédents propriétaires, mémoire qu’il s’empressent de laisser en arrière. Ou est-ce la chambre où le vieil homme se voit interné? Cette pièce tenue au secret, ce lieu à l’écart c’est peut-être la conscience collective, son refoulé d’après la dictature.

L’homme mutique enclenche une quête, une mise en mouvement, un remue méninge qui, en vérité, contraint le regard à aller vers cette pièce du fond. Celle de l’inavoué. Mais il tisse aussi un lien entre des anonymes, des inconnus, réveille leur humanité. Et si cette porte était le secret accès vers la liberté?






martes, 15 de mayo de 2018

"La pieza del fondo" en la prensa francesa







« "Qu’est-ce que nous sommes capables de faire pour les autres ?" Cette question est l’axe central de ce second roman d’Eugenia Almeida. Qu’il s’agisse de Sofia, qui s’inquiète de la disparition d’un clochard muet, ou d’Elena, jeune psychiatre qui vient d’arriver dans la ville où se déroule cette histoire, les protagonistes de cette Pièce du fond tissent entre eux des liens fragiles. Méfiance, passé trouble, souvenir d’un état totalitaire, manipulations, abus de pouvoir... les éléments qui empêchent les personnages d’être en confiance les uns avec les autres ne manquent pas. Savoir lâcher prise dans ce contexte sera difficile, et le résultat pas forcément à la hauteur de leurs espérances. Mais leur quête pourra avoir plus de sens qu’elles ne le croient. »
Christine Salles
PSYCHOLOGIES MAGAZINE




"[…] l’auteure fait sortir ses personnages de l’ombre. Elle fait briller leurs histoires, les entoure de sa langue délicate et particulière, avant de les donner en cadeau à ses lecteurs."

Elisabeth Jobin
LE TEMPS




« Ecriture à l’économie terriblement efficace, aux dialogues nerveux, pour une remarquable version argentine de l’absurde condition humaine. »
Jacques Sterchi
LA LIBERTE


« Un homme silencieux, mystérieux et apparemment sans le sou élit domicile sur la place du village. Son étrangeté attirera une petite serveuse qui lui apportera, dans le dos de son patron, des plats cuisinés. Mais son côté plus ténébreux intriguera aussi deux policiers. Et c’est à l’intérieur d’un hôpital psychiatrique qu’il les conduira. Là, les personnages semblent sortir d’eux-mêmes et on ne sait plus vraiment qui doit être enfermé et qui doit être libéré. L’ambiance est lourde, épaisse ; le récit lent. Peu de rebondissements dans ce récit mais un dynamisme apporté par les caractères singuliers des personnages. »

Jennifer Simoes
NOUVELOBS. COM



miércoles, 21 de diciembre de 2016

Notable recepción francesa de “El intercambio” (Gabriel Ábalos - Diario Alfil)




Notable recepción francesa de “El intercambio”

La novela de Eugenia Almeida “L’Échange”, a un mes de su aparición, es favorita entre críticos y libreros galos. En una charla, la autora se refiere al premio que acaba de otorgarle la revista Transfuge.

Por Gabriel Ábalos


La novela policial L’Échange de Eugenia Almeida, recién publicada en Francia -traducción de La tensión del umbral-, acaba de ser distinguida por la publicación francesa Transfuge, que cada año anticipa la temporada de grandes premios literarios develando sus favoritos en once categorías dentro de las novedades bibliográficas. La novela de la escritora cordobesa fue lanzada hace un mes al mercado francés por la editorial Metaillé, la misma que tradujo y editó sus dos libros anteriores.

Eugenia Almeida se manifiesta muy honrada por la distinción: “Un premio como este es un enorme privilegio –dice-. Hay muchísimos libros en el mercado editorial francés. Que Transfuge haya reparado en esta novela es un honor”; al mismo tiempo, la autora declina especular con las posibles consecuencias del galardón, que no posee una retribución económica: “Más allá de eso, decir qué puede provocar sería casi imposible. Los libros hacen su propio camino y muchas veces ese camino es misterioso.” Cuenta Almeida que ya tenía conocimiento de la publicación que le acaba de otorgar un importante voto de confianza a su novela, y destaca el hecho de que “Francia tiene una tradición de revistas de calidad realmente envidiable. Soy periodista de profesión y siempre me fijo en eso: diarios y revistas de cada ciudad y país al que puedo acceder. Pararse frente a un quiosco de revistas en una ciudad francesa es una experiencia deslumbrante. Por la variedad y la calidad”.

Transfuge comenzó a aparecer mensualmente en 2004 y se focalizó en cubrir la actualidad cultural, particularmente la literatura y el cine. Sus “corazonadas” anuales son respaldadas por el prestigio que se le reconoce a la publicación en los ámbitos literarios; entre sus categorías se incluyen distinciones a la mejor novela norteamericana, a la mejor novela francesa, a la mejor novela europea y a la mejor novela hispánica. Precisamente esta última es la categoría por la que le fue otorgado el premio a Eugenia Almeida. La escritora comparte así el podio de Transfuge 2016 con los autores franceses Léonora Miano, Olivier Py y Santiago Amigorena, con los estadounidenses Chris Kraus y Emma Cline y con el sueco Steve Sem-Sandberg.

L´Échange es la tercera novela en edición francesa de Almeida. “Se publicó en agosto. Es el tercer libro que publico en Francia, siempre en Editions Métailié. Anne Marie Métailié fue una de los jurados que le otorgaron el Premio Dos Orillas a mi novela El colectivo, en 2007. De allí surgió nuestra amistad y nuestro trabajo en equipo. Para mí es un privilegio tener a madame Métailié como editora. Saber que ella confía en mí es un enorme aliciente.”

El traductor de L’Échange fue François Gaudry, el mismo que “ya tradujo al francés mi segunda novela La pieza del fondo. Si bien el título original del libro premiado era La tensión del umbral, el de la traducción francesa se titula El intercambio. Comenta al respecto, Eugenia que “a veces, de una lengua a otra, se toma la decisión de cambiar el título. Creo que L´Échange es un título perfecto para la historia que cuenta la novela. Fue una sugerencia de Anne Marie Métailié y a mí me pareció que iluminaba una zona diferente a la que ilumina el título en castellano.”

Pese a su reciente aparición en las librerías parisinas, L’Échange ha cosechado comentarios muy alentadores: “Ya han salido algunas críticas y estoy muy conmovida con eso porque la recepción es muy buena. Estoy atenta no sólo a lo que dice la prensa especializada sino a los comentarios de los libreros (hay una tradición francesa que consiste en que los libreros señalen aquellos libros por los que tienen una corazonada) y también de los blogueros que se dedican especialmente a la literatura”, dice Eugenia Almeida.

Entre las críticas de la prensa especializada, Cécile Pellerin de la revista ActuaLitté escribió que L’Échange es una novela “aspirada por una mecánica rítmica, rigurosa y seca, verificada en una tonalidad dura aunque fascinante, un silencio perceptible y sostenido, profundo y opresivo, una historia política compleja y aterradora, que no afloja, literalmente magnetizada por el poder de una escritura ajustada de forma magistral a la intriga.”

Entre los comentarios de libreros, se destaca uno de Vincent Ladoucette, de la librería Privat de Toulouse, quien escribe: “Acabo de terminar L’Échange, que encontré magnífica (…). La hermosa escritura de de Eugenia Almeida, a la vez factual y extremadamente poética, sirve perfectamente a la negrura implacable de esta novela. Los pasajes que constan exclusivamente de diálogos aportan mucha profundidad a la historia y a la intriga, que a primera vista parece simple, pero que se revela rápidamente como rica y compleja, gracias a las numerosas ramificaciones que el lector va descubriendo”.

En lo referente al acompañamiento a la circulación de la edición francesa, cuenta Eugenia que tiene “previsto un viaje en unos días. Era algo que estaba planeado antes del premio. Voy a visitar diferentes ciudades de Francia acompañando el libro en festivales, charlas y encuentros con los lectores.” Reflexiona la galardonada escritora que “un libro es algo que surge del esfuerzo y el acompañamiento de muchas personas. Para mí, la gran alegría ha sido compartir esta noticia con ese puñado de personas que saben que son imprescindibles. Para el libro y para mí.” Aunque no tomó aún contacto con la revista Transfuge, afirma Eugenia que “cuando lo haya, me gustaría decirles que estoy feliz. Y que agradezco enormemente esa distinción.”

5 septiembre, 2016




jueves, 24 de julio de 2014

Liratouva 2: comentario sobre la versión francesa de "La pieza del fondo"



Liratouva2, Blog de Mango

La pièce du fond de Eugenia Almeida

Un vieil homme est assis depuis plusieurs jours sur le banc d’une place,  sans bouger, sans parler, sans manger. Personne ne le connaît et Sophia, la jeune serveuse du bar d’en face, l’a pris en pitié et fait tout pour le faire manger et parler mais en vain. Frias, un client policier,  lui vient en aide, sans plus de résultats. Chacun a de gros soucis dans sa vie personnelle mais s’occuper de cet inconnu les rend plus heureux. Bientôt l’homme sans nom  est conduit à l’hôpital psychiatrique tout proche où vient d’être nommée Elena,  une nouvelle doctoresse  au passé très douloureux ,  connue de tout le personnel de l’endroit comme la folle légendaire sauvée dans sa jeunesse  par le directeur de l’établissement. En réalité,  grâce à elle qui sait écouter et grâce à l’acharnement de la jeune serveuse, les recherches pour découvrir l’identité du vieil homme se poursuivent et une chaîne d’amitié, très ténue, se forme entre tous ces êtres malheureux et désenchantés…

Hier,la fille du bar de la place lui a apporté un paquet contenant de la nourriture. Aujourd'hui, quand la vieille est arrivée, il avait encore le paquet à la main.  La fille lui jette parfois un coup d'œil en passant entre les tables. Dès qu'elle le peut, elle traverse la rue et s'approche. Elle veut vérifier ce qu'elle soupçonne: il n'a pas touché à la nourriture. 

Le titre du livre fait référence à la pièce du fond  du jardin dans la maison louée par la jeune psychiatre. Elle est toute encombrée de meubles et de vieux papiers dont les jeunes héritiers ne veulent plus. Elena est de celles qui prend soin de  tout ce qui traîne autour d’elle, les blessés et les laissés pour compte de la vie, objets ou individus peu importe,  avec ou sans nom, jeunes ou vieux, bons ou mauvais, déviants ou pas. Elle a fait le choix de soigner tous ceux qui ont besoin d’elle, voilà tout. A  l'hôpital aussi  elle est dans la pièce du fond!

Il s’agit du deuxième livre de cette romancière argentine qui enseigne la littérature  et écrit de la poésie.

J’ai bien aimé ce récit aigre-doux, fait surtout de dialogues très courts et d’une suite de personnages très quotidiens et parfaitement bien cernés avec leurs malheurs trop lourds et leurs  efforts pour une vie meilleure.. Les gens malheureux se méfient des mots qui ravivent leur douleur mais difficile de les quitter quand se ferme la dernière page!  Un beau roman qui fait du bien au moral. Même si la fin n'est pas aussi heureuse que je l'espérais!


La pièce du fond  de  Eugenia Almeida
(Editions Métailié, avril 2010, 200p)
Titre original : La pieza del fondo.
Traduit de l’espagnol (Argentine) par François Gaudry 
(Editions Métailié, avril 2010, 200p)
Publicado el 14 de agosto de 2010



lunes, 7 de julio de 2014

Lily et ses livres - Comentario sobre la versión francesa de "La pieza del fondo"




La pièce du fond - Eugenia Almeida



Quelque part dans une petite ville de province, où les uns vivent à côté des autres sans les jamais se connaître vraiment, deux «personnages» font leur apparition. Deux personnages, un homme puis une femme, qui vont modifier un temps, le rapport de toute cette petite société au monde.

Un homme seul avec toutes les apparences, pour certains, d’un fou ou d’un clochard, un homme qui ne parle pas et peut-être au fond n’entend même pas. Il est assis au centre de la place et attire les remarques acerbes, mais aussi et très curieusement des gestes de quasi tendresse, d’attention. Une jeune serveuse, puis un policier, en feront leur quasi confident, eux qui de toutes évidences ont un poids au fond de la poitrine qu’ils ne peuvent plus porter. Le vieil homme semble les écouter, de cela ils sont persuadés, persuadés aussi qu’il est devenu sans le savoir leur "ami", peut-être bien le seul.
Personne ne connaît son nom, ni d’où il vient…
Dans l’hôpital tout proche, une femme d’une cinquantaine d’années, psychiatre, vient prendre ses fonctions et s’aperçoit, éberluée que tout le monde la connaît déjà… Oui, c’est bien elle, la "folle", celle dont le chef de service n’a cessé de parler depuis des années, la fille d’une ancienne patiente à lui.. Personne ne connaissait le vieil homme, tout le monde la connaît, elle,  avant même de l’avoir déjà vue…
Connaître, méconnaître, prendre pour… Car tout le problème est là dans le jugement biaisé, le trop plein de pouvoirs qui donne le droit de juger, le manque d’attention.
«Ce que l’on voit, c’est que nous sommes finalement des marionnettes. Tous des marionnettes.»
Ou des poissons, pêchés, sortis brutalement hors de l’eau avant d’être éviscérés, brutalisés et dépossédés de tout et du plus intime.
«Là-bas, je n’ai jamais aimé pêcher. Les poissons on les sort blancs, épuisés, ils sont aveugles, blessés, traînés par un crochet, tirés hors du monde. Non. Mon beau-frère dit que c’est une lutte, un défi. Que le pêcheur affronte le poisson, qu’ils doivent se mesurer. Non. L’un ne perd qu’une proie ; l’autre perd la vie. Tout ce qu’on porte en soi, ce jeu de couleurs, de lignes et de choses à l’intérieur du corps, tout ça est arraché, jeté au fond de la barque, et il y en a qui parle de défi."
Au fond, ce qu’apportent presque sans s’en rendre compte le vieil homme et la psychiatre, c’est une autre façon de pêcher, entendez par-là de s’approcher des autres et de les comprendre, non dans le défi ou la lutte, mais dans la compassion, et l’empathie.
Chacun à leur façon, vont éveiller la part humaine, altruiste qui réside au coeur de quelques-uns des habitants de la petite ville. Enfin, jusqu’à un certain point…
La métaphore du pêcheur et du poisson court tout au long du roman, lumineuse, plus parlante que n’importe quel discours. Quant à la petite pièce du fond n’est-elle pas tout autant le cagibi au fond du jardin où moisissent des cartons entassés là par un précédent propriétaire (sa vie en somme) que cet endroit oublié en chacun de nous, inatteignable, incommunicable…
Les uns et les autres… 
Un livre étrange, surprenant et captivant.
J’ai beaucoup aimé.


Editions Métailié – Avril 2010

Eugenia Almeida est née en 1972 à Cordoba (Argentine), où elle enseigne la littérature et la communication. Elle écrit de la poésie.

L’Autobus (2007) fut  son premier roman.







martes, 14 de enero de 2014

Rue des Livres: comentario sobre la versión francesa de "La pieza del fondo" II



Regarder le maté infuser ...


Après L'autobus voici un second livre étrange venu d'Argentine : La pièce du fond, d'Eugenia Almeida.

Comme avec l'autobus, la vie tranquille et endormie d'une petite ville de province est perturbée par un événement insolite ... les comportements routiniers vacillent, les langues se délient ...

Cette fois c'est un vieil homme, à demi SDF, qui s'installe sur un banc de la place.

Il ne dit pas un mot, n'ouvre pas le bec. À peine pour manger lorsque la petite serveuse du café lui apporte en douce le menu du jour.

Eugenia Almeida excelle à dépeindre l'immobilisme, l'attentisme, le caractère immuable des gens et des choses lorsque la vie s'est arrêtée : le village et ses habitants sont comme écrasés de chaleur et de soleil.

L'un des flics du village finit par embarquer le vagabond muet et l'envoie vers les psys de la ville ...

Son collègue trouve qu'il en a fait un peu trop et se met à la recherche du vieil homme, tout comme la petite serveuse du bar. Ils rencontreront une étrange psy. Ces trois-là vont se croiser, se rencontrer, s'éloigner, tournant autour de l'absence du vieil homme muet que l'on ne reverra plus : un seul être vous manque et cela suffit pour bousculer vos habitudes, pour remuer le fond de vos pensées.

Chacun part à la recherche de la clé qui permet d'ouvrir la pièce du fond, du fond de sa tête, la pièce aux souvenirs ...

Eugenia Almeida a une belle écriture sobre et sèche, sans effets ni esbroufe. Mais c'est une écriture difficile et exigeante. On avait trouvé un peu plus facile d'embarquer dans L'autobus.

Un livre où l'on découvre l'art et la manière de faire infuser le maté.






miércoles, 8 de enero de 2014

Rue des Livres: comentario sobre la versión francesa de "La pieza del fondo" I







Ce que l'on voit, c'est que nous sommes finalement des marionnettes. Tous des marionnettes.


Quelque part dans une petite ville de province, où les uns vivent à côté des autres sans les jamais se connaître vraiment, deux «personnages» font leur apparition. Deux personnages, un homme puis une femme, qui vont modifier un temps, le rapport de toute cette petite société au monde.

Un homme seul avec toutes les apparences, pour certains, d'un fou ou d'un clochard, un homme qui ne parle pas et peut-être au fond n'entend même pas. Il est assis au centre de la place et attire les remarques acerbes, mais aussi et très curieusement des gestes de quasi tendresse, d'attention. Une jeune serveuse, puis un policier, en feront leur quasi confident, eux qui de toutes évidences ont un poids au fond de la poitrine qu'ils ne peuvent plus porter. Le vieil homme semble les écouter, de cela ils sont persuadés, persuadés aussi qu'il est devenu sans le savoir leur "ami", peut-être bien le seul.

Personne ne connaît son nom, ni d'où il vient...

Dans l'hôpital tout proche, une femme d'une cinquantaine d'années, psychiatre, vient prendre ses fonctions et s'aperçoit, éberluée que tout le monde la connaît déjà... Oui, c'est bien elle, la "folle", celle dont le chef de service n'a cessé de parler depuis des années, la fille d'une ancienne patiente à lui.. Personne ne connaissait le vieil homme, tout le monde la connaît, elle, avant même de l'avoir déjà vue...

Connaître, méconnaître, prendre pour... Car tout le problème est là dans le jugement biaisé, le trop plein de pouvoirs qui donne le droit de juger, le manque d'attention.

«Ce que l'on voit, c'est que nous sommes finalement des marionnettes. Tous des marionnettes.»

Ou des poissons, pêchés, sortis brutalement hors de l'eau avant d'être éviscérés, brutalisés et dépossédés de tout et du plus intime.

«Là-bas, je n'ai jamais aimé pêcher. Les poissons on les sort blancs, épuisés, ils sont aveugles, blessés, traînés par un crochet, tirés hors du monde. Non. Mon beau-frère dit que c'est une lutte, un défi. Que le pêcheur affronte le poisson, qu'ils doivent se mesurer. Non. L'un ne perd qu'une proie ; l'autre perd la vie. Tout ce qu'on porte en soi, ce jeu de couleurs, de lignes et de choses à l'intérieur du corps, tout ça est arraché, jeté au fond de la barque, et il y en a qui parle de défi."

La métaphore du pêcheur et du poisson court tout au long du roman, lumineuse, plus parlante que n'importe quel discours. Quant à la petite pièce du fond n'est-elle pas tout autant le cagibi au fond du jardin où moisissent des cartons entassés là par un précédent propriétaire (sa vie en somme) que cet endroit oublié en chacun de nous, inatteignable, incommunicable...

Les uns et les autres... 

Un livre étrange, surprenant et captivant.



http://www.rue-des-livres.com/livre/2864247070/la_piece_du_fond.html




martes, 15 de octubre de 2013

Le nouvel observateur: comentario sobre la versión francesa de "La pieza del fondo"



«La Pièce du fond», d'Eugenia Almeida

 

L'auteur de «L'Autobus», roman étourdissant, un peu étouffant, qui mettait en scène des personnages fantasmagoriques au temps de la dictature argentine, revient avec un second ouvrage, «La Pièce du fond».



Les personnages d'Eugenia Almeida sont banals, noyés dans leurs petits et gros problèmes du quotidien : les altercations avec un chef autoritaire et rustre, la survie pendant le deuil... Ces destins n'ont qu'un point commun, mais symbolique : le maté. Il ravive le sourire, révèle des souvenirs, aide à la réflexion ; l'esprit des personnages s'évade grâce à son odeur, son goût, le bruit de l'eau qui coule sur les feuilles.
Mais bientôt, un élément va permettre à ces destins de se croiser. Un homme silencieux, mystérieux et apparemment sans le sou élit domicile sur la place du village. Son étrangeté attirera une petite serveuse qui lui apportera, dans le dos de son patron, des plats cuisinés. Mais son côté plus ténébreux intriguera aussi deux policiers.
Et c'est à l'intérieur d'un hôpital psychiatrique qu'il les conduira. Là, les personnages semblent sortir d'eux-mêmes et on ne sait plus vraiment qui doit être enfermé et qui doit être libéré. L'ambiance est lourde, épaisse ; le récit lent. Peu de rebondissements dans ce texte mais un dynamisme apporté par les caractères singuliers des personnages.


Jennifer Richaud
Septiembre de 2010

 

http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20100910.BIB5212/la-piece-du-fond-d-039-eugenia-almeida.html 

 

 

miércoles, 11 de septiembre de 2013

Du fil a retordre: comentario sobre la versión francesa de "La pieza del fondo"

Fausses pistes 

 

 

 

 

 






La pièce du fond, c'est un peu comme la vie, des événements presque anodins ou des visages inconnus qui nous font lever les yeux, qui nous donnent envie de parler, d'agir et d'aller vers l'autre. Mais l'autre n'est déjà plus là ou n'est pas ce que l'on avait cru. Comme parfois, comme souvent dans la vie, les choses ne sont pas ce que nous les rêvions. Pour autant, à chaque fois il se passe quelque chose, et des rencontres ont lieu. Rencontres avec l'autre. Avec soi-même.

Un inconnu sur un banc qui ne dit rien, qui ne mendie pas, qui est simplement là. Cela pousse irrésistiblement Sofia, la serveuse du bar, pour aller à sa rencontre, pour tenter de lui parler tout en lui apportant à manger. Qu'importe si l'autre ne parle toujours pas, une rencontre a eu lieu. Prendre le temps du silence, cela ne se fait pas ainsi, et il y a quelque chose de la résistance et de la rébellion chez Sofia dont le comportement dérange encore plus que cette présence muette sur un banc de la ville. Mais voilà que l'homme disparaît...
L'hôpital psychiatrique de la ville accueille lui une nouvelle médecin, Elena Erbeste. Son arrivée va un peu perturber les choses et ébranler la légende sur laquelle le directeur de l'hôpital a bâti sa carrière. Elena a aussi une façon de dire "comment ça va?" qui en fait une vraie question, qui témoigne d'une réelle attention à l'autre. Cela ne plaira pas à tout le monde.

Autour de la rencontre et de la disparition de l'homme, des vies vont se croiser et se toucher jusqu'à retrouver de bonnes raisons d'être. Il y a par exemple Frias, le policier originaire de Santa Fe, la ville où tout une part de sa vie s'est noyée dans le fleuve. Il y aussi Norma, à l'accueil de l'hôpital.

Dans un monde où la violence, la méfiance et la malveillance peuvent surgir à tout moment, dans leur nudité caricaturale (Palacios, le flic buté et macho, imbu de son pouvoir ou Miriam la secrétaire médicale médisante et méchante), ils sont quelques-uns à essayer de se comporter en humain, à sourire et à simplement parler. Rencontres qui se font et se défont, qui peuvent n'aboutir à rien, sauf à révéler des illusions ou des erreurs. Qu'importe! Elles ont existées.

L'écriture précise d'Eugenia Almeida fait mouche et nous montre ce qui est, sans en rajouter dans la démonstration psychologisante ou sociologisante. Il n'est pas toujours besoin de grands mots pour dire. La pièce du fond nous laisse un peu un goût d'inachevé et le récit se termine sur une multiplicité de points de suspension. Comme la vie qui nous embarque sur de fausses pistes et nous laisse avec nos choix parfois impossibles...

Et la pièce du fond? C'est cette pièce qu'on ferme et qu'on oublie, dans laquelle chacun a entassé tout un bric à brac de souvenirs plus ou moins heureux ou malheureux. Chacun des personnages d'Eugenia Almeida a la sienne. Bien présente et plus ou moins bien fermée. Comme dans son précédent roman, l'autobus, il suffit d'un rien pour que la porte s'en entrouvre, que le bruit cesse un instant et que les choses tues se fassent entendre, qu'elles se révèlent sous un autre jour.


Marc OSSORGUINE
Eugenia ALMEIDA - La pièce du fond (La pieza del fondo, 2009) - traduit de l'espagnol par François Gaudry - Editions Métailié, 2010





sábado, 7 de septiembre de 2013

martes, 3 de septiembre de 2013

Elisabeth Jobin - Le Temps: comentario sobre la versión francesa de "La pieza del fondo"


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les mélancoliques et les rêveurs d’Eugenia Almeida

 

 Par Elisabeth Jobin

L’Autobus, premier roman de l’auteure argentine Eugenia Almeida, s’était posé, il y a trois ans, comme une plume sur les rayons de la bibliothèque contemporaine sud-américaine. C’était l’histoire d’un village poussiéreux que seul un autobus reliait au monde. Y vivaient des personnages fermés à toute nouveauté, à peine imbibés de rumeurs, nourris à quelques ragots ramassés à l’angle de deux rues. Déjà, dans l’écriture, on observait cette attention particulière donnée aux mots et l’absence remarquable de tout adjectif superflu. Le passé des personnages se déclinait en une série de détails fleuris, donnant au lecteur l’impression de lire ce court roman les yeux éblouis par le soleil blanc d’Argentine.

La Pièce du fond, deuxième roman de l’auteure, évoque lui aussi nombre d’images. Celle, tout d’abord, d’un cordon sur lequel s’enfilent, comme des perles, les personnages du livre. Ces derniers se succèdent, se ressemblent légèrement en ce qu’ils sont tous habités par la même mélancolie. «On s’habitue. On trouve son rythme. Un temps. Mais un beau jour, on oublie qu’on est habitué. Alors on perd son écorce et on se rappelle…» raconte l’un d’eux. Bientôt, le lecteur se sent si proche des personnages qu’il lui est presque possible de les toucher. Par le biais de dialogues, les portraits sont dressés, tandis que les mots prononcés, entre ce qu’ils sous-entendent et les non-dits qu’ils tentent de masquer, sont chargés d’émotion. C’est que «la voix vient des profondeurs du puits où pourrissent les choses. Ces choses petites, dociles, ces maisons vides qui se construisent entre le déjeuner et le travail.»


Mise en lumière

L’histoire, quant à elle, s’organise autour d’un clochard muet à qui Sophia, une jeune serveuse, et Frìas, un policier veuf, se confient. Ces derniers se retrouvent démunis lorsque l’homme est envoyé dans un hôpital psychiatrique. Commence alors leur recherche, la rencontre empreinte de malaise entre Sophia et Elena, doctoresse nouvellement arrivée dans la petite ville. Elena, sa vie nerveuse, son caractère anguleux et son vocabulaire rempli de douceur. Son monde, cependant, est ébranlé lorsqu’elle commence à travailler à l’hôpital. Là-bas, il semble que tous connaissent le récit de son enfance agitée. Une miette de passé qui leur a été racontée comme une légende par le directeur, pressé d’interpréter la guérison de la gamine perturbée d’alors en un miracle qu’il aurait lui-même orchestré.

Et, lentement, les éléments de la vie des personnages sont mis en lumière. A l’image de cette pièce du fond qu’évoque le titre. Une chambre encombrée d’objets hétéroclites, auréolés de mystère qu’Elena découvre dans son appartement et commence à explorer. De la même manière, l’auteure fait sortir ses personnages de l’ombre. Elle fait briller leurs histoires, les entoure de sa langue délicate et particulière, avant de les donner en cadeau à ses lecteurs. 




«La Pièce du fond» est le deuxième roman de l’Argentine Eugenia Almeida
Trad. de François Gaudry
Métailié, 200 p.









 

 

 

 

viernes, 30 de agosto de 2013

Christine Salles, Psychologies Magazine: comentario sobre la versión francesa de "La pieza del fondo"




"Qu’est-ce que nous sommes capables de faire pour les autres?" Cette question est l’axe central de ce second roman d’Eugenia Almeida. Qu’il s’agisse de Sofia, qui s’inquiète de la disparition d’un clochard muet, ou d’Elena, jeune psychiatre qui vient d’arriver dans la ville où se déroule cette histoire, les protagonistes de cette Pièce du fond tissent entre eux des liens fragiles. Méfiance, passé trouble, souvenir d’un état totalitaire, manipulations, abus de pouvoir... les éléments qui empêchent les personnages d’être en confiance les uns avec les autres ne manquent pas. Savoir lâcher prise dans ce contexte sera difficile, et le résultat pas forcément à la hauteur de leurs espérances. Mais leur quête pourra avoir plus de sens qu’elles ne le croient.

PSYCHOLOGIES MAGAZINE, Christine Salles

http://www.metailie.fr/fiche_livre.php?id_livre=1018&decouvrez_aussi&presselivre 

domingo, 28 de julio de 2013

Entre les lignes entre les mots: comentario sobre la versión francesa de "La pieza del fondo"



  

 



Il est impossible de répéter ce que l’on n’a pas encore avalé


Un homme sur un banc. Sofia, jeune serveuse de bar brise l’indifférence. Mais être assis sur un banc, ne pas parler est manifestement un trouble à l’ordre public.

Au commissariat, c’est au tour de Frias de rompre le mépris. Décidément la présence de cet homme trouble le paysage, déplace des interrogations, ouvre des portes cadenassées par le temps. En petits chapitres, Eugenia Almeida nous fait ressentir la différence, la froideur, « Un de ces baisers creux que l’on envoie en l’air, le faux jumeau d’un vrai salut ».

Des histoires plus anciennes, une amputation, une femme enfermée et une gamine malmenée…

Elena, nommée dans cet hôpital, s’écarte de l’attente, se confronte au conte, au rejet de la « folie », de la différence. Les pistes se brouillent, les troubles s’exposent, les refus aussi. Peu à peu, les pointillés deviennent des chemins, des sensations, des relations. Une main posée, un sourire, un étonnement, un monde plus ouvert à la chaleur, aux rencontres. Norma, Horacio, Mabel…

Les brides d’histoires se rencontrent, avec en toile de fond, cette pièce, celle du fond, celle des souvenirs, dont la porte s’ouvre, ou ne s’ouvre pas. Insensiblement les phrases de l’auteure ouvrent des communs, des croisées aux personnages, nous infuse le goût du maté. 

Un livre offert comme par « Quelqu’un qui, avant de partir, vous habille ».


Eugenia Almeida : La pièce du fond
Traduit de l’espagnol (Argentine) par François Gaudry
Métailié, Paris 2010, 200 pages, 18 euros
Didier Epsztajn
15/06/2013

miércoles, 24 de julio de 2013

Le Marathon des mots según Patricia Kolesnicov (II)




Lecturas y rituales de una mañana en Toulouse

 

Algo pasa esta mañana de domingo en Toulouse. Termina junio, el sol te saca de la cama y te manda a la calle, donde las bicicletas se mueven sobre el empedrado y –es verano– el croissant reglamentario se come en barcitos con mesas en la vereda.
 
Algo pasa, en realidad dos cosas en el mismo lugar. La calle medieval ondea y aparece el Convento de los Jacobinos, un espacio enorme fundado en el siglo XII para combatir a los cátaros, su creencia en dos Creadores –Dios y el Diablo–, su ascetismo doctrinario, su desobediencia al Papa. En un espacio altísimo, frente a un altar, religiosos de hábito blanco y capa verde dan misa: cantan, hablan. Un grupo de gente de pie los sigue en silencio.

A la vuelta, en el mismo convento, entre arcos góticos y columnas, la actriz Fanny Cottençon lee, durante una hora, un fragmento (una buena parte) de La pieza del fondo, de la cordobesa Eugenia Almeida. Un grupo de gente sentada la sigue en silencio.

Hace días que ocurre aquí la Maratón de las palabras, un encuentro literario anual al que este año la ciudad de Buenos Aires es invitada especial. Hay charlas en librerías, hay entrevistas, hay estas lecturas larguísimas a las que muchas veces se paga para entrar. 

La fórmula es atractiva: un actor, una actriz muy conocidos con un texto que puede ser famoso –también leyeron Santa Evita, de Tomás Eloy Martínez– o nuevo. El público va para conocer el texto o para ver a su actor o las dos cosas. En todo caso, funciona. ¿A nadie se le ocurrió trasladar el formato a Buenos Aires? Claro que sí. Pero, dice por lo bajo alguien de la comitiva porteña, en las circunstancias políticas que vivimos… ¿eso no terminaría en una lista de quién lee o no para Macri? En todo caso no lo pensó así la larga lista de escritores que vinieron a Toulouse: Alberto Manguel, Claudia Piñeiro, Martín Kohan, Samanta Schweblin, Pola Oloixarac, Ernesto Mallo, Damián Tabarovsky, Carlos Salem y siguen los nombres.

Es en ese contexto que en el convento hay misa y hay lectura. A la misma hora, en el mismo lugar, a dos grupos de personas les están contando cuentos. Claro que no son equivalentes. Digan lo que digan los textos de esta mañana, uno es el cuento de la obediencia, del ser superior, de la interpretación fija. El otro es –trata de ser– el cuento de la libertad de pensamiento, del riesgo, de la búsqueda de lo nuevo. Borges dijo alguna vez que Dios era un personaje de la literatura fantástica. Pero claro, es un personaje con un ejército, con muchos. Pregúntenles a los cátaros.

Patricia Kolesnicov

12/07/2013

miércoles, 17 de julio de 2013

Et hop, dans mon sac! Comentario sobre la versión francesa de "La pieza del fondo"

 

 

 

"La pièce du fond" un roman argentin d'Eugenia Almeida


 












Santa Lucia, une clinique psychiatrique en Argentine, vers laquelle tout converge...

Le livre commence sur la place d'un village argentin, un vagabond est assis sur un banc. Sofia, la serveuse du bar vient régulièrement lui amener à manger en douce, même s'il semble à peine y toucher. Elle lui parle, de plus en plus, mais il ne répond jamais. Il ne semble pourtant pas muet.
Un jour, il disparaît.
Il a été emmené par la police, qui a estimé qu'il troublait l'ordre public.
Au commissariat, Frias, un "gentil" flic, est troublé par cet homme silencieux. Lui aussi lui confie sa vie.
Jusqu'à ce que l'homme soit emmené ailleurs... interné à Santa Lucia, en ville, pour une expertise psychiatrique.

Dès la soixantième page, Santa Lucia et ses personnages entrent en jeu et la majeure partie de la suite de l'histoire va se dérouler en ce lieu.
Son médecin-chef grand manitou, ses réceptionnistes impassibles, murées dans leur aquarium à l'entrée de l'établissement, un infirmier bienveillant et Elena, le nouveau docteur.
Celle-ci débarque et se rend compte que tout le monde la connaît déjà. Elle se trouve être la fille d'une ancienne patiente du médecin-chef, directeur de la clinique, la « folle » dont il parle tout le temps, et qu'il dit être à l'origine de sa vocation.
Elle va troubler plus d'une personne là-dedans, par sa simplicité et son humanité.

Sofia finit par rencontrer Frias, le policier, et tous deux se lancent à la recherche de celui qu'ils appellent "leur ami" et qui leur a fait tant de bien.

Les dialogues sont fluides.
Beaucoup de personnages secondaires, dont l'histoire personnelle est à chaque fois développée mais dont on ne comprend pas forcément le rapport avec l'histoire principale. Et il n'y en a pas toujours un.
Tous sont très attachants, même les moins sympathiques
, et bien que certains soient un peu caricaturaux : un flic méchant et un flic gentil, une réceptionniste aimable et une autre acariâtre.
Ma lecture a donc été très agréable et je me suis laissée porter par la quête de Sofia et Frias pour retrouver leur ami vagabond.
Par contre, j'ai senti que je n'arrivais pas à saisir toute la dimension psychologique de l'histoire.
J'ai bien lu, à droite et à gauche sur le net, que l'homme vagabond et la doctoresse débarquée de nulle part étaient deux « chamboule-tout » dans le quotidien tranquille et endormi des autres personnages, qui les amènent à ressentir des élans d'émotion qu'ils n'ont pas, ou plus l'habitude de ressentir.
J'ai lu aussi, et j'ai effectivement vu passer dans le livre des métaphores avec les poissons dans le courant des rivières, et avec la pêche, mais je ne les ai pas vraiment comprises. Trop subtile.
Moi et la psycho...

"La pièce du fond" apparaît à plusieurs reprises tout au long du livre.
C'est dans le commissariat, la petite pièce dans laquelle Frias installe l'homme pour qu'il(s) soi(en)t tranquille(s), c'est le bureau à l'hôpital dans lequel Sofia et Frias vont rencontrer le docteur Elena, etc.
Métaphoriquement, ça doit être cet endroit au fond de soi, dans lequel on refoule des souvenirs douloureux, des sensations, des sentiments, qui font peur, et dont des personnes comme le vagabond et la doctoresse nous amènent à pousser la porte. 

C'est un livre que j'ai finalement aimé et qui m'a donné envie de lire L'autobus, le précédent roman de l'auteure également traduit en français. Eugenia Almeida est Argentine, enseigne la littérature et la communication, est aussi journaliste et chanteuse.
 
Celine G
17/06/2013